Chronique #11 : 1984, George Orwell
ORWELL, George, 1984, e-book, 8,50 € en livre de poche, 438p. (1949). 5/5 étoiles.
Ma grande affection pour les dystopies me perdra… Il y a quelques jours, j'ai lu 1984, soit LE grand roman de George Orwell ! L'année dernière, je m'étais plongée dans La Ferme des Animaux, et j'avais déjà été frappée par le pessimisme de ses récits. Un pessimisme au service d'une satyre sociale et politique.
Ici, ce sentiment est davantage exacerbé. Nous sommes en 1984, en Océania, force politique rassemblant les puissances anglo-saxonnes. En face, il y a l'Eurasia, l'équivalent de l'Europe, et l'Estasia, correspondant à l'Asie. L'Océania est en guerre contre l'Eurasia. Ou l'Estasia. Au final, on ne sait plus trop. Et au milieu de ce capharnaüm policé, nous retrouvons Winston Smith. Il travaille pour le parti intérieur de l'ANGSOC, au pouvoir en Océania, incarné par le grand Big Brother. Et entretemps, il est surveillé par des télécrans, ayant comme but de scruter tous ses faits et gestes.
Mais Winston ne veut plus de cette vie là. Travaillant au service des archives, il se rend bien compte des mensonges du parti. Big Brother avait annoncé, un an plus tôt, que la ration de chocolat serait de 30 grammes par semaine, mais l'objectif n'est finalement pas atteint ? Changeons, alors ! Big Brother vous avez annoncé qu'elle serait de 15g, et elle est passée à 20 ! Vive Big Brother ! Voilà à quoi se résume le travail de Winston.
Il sait qu'il ne peut pas renverser le parti seul. Certains ont essayé et ont été rayés de la mémoire collective. Plus aucune trace. Alors il espère que consigner ses mémoires dans un carnet, à destination des générations futures, aidera. Mais il sait que c'est peine perdue. Big Brother gagne toujours. Toujours.
Je préfère vous prévenir de suite : à la fin de cette lecture, j'ai perdu toute foi en l'humanité. Cela n'a beau être qu'un récit, il contient une force qui vous transperce, qui vous transporte au-delà. La marque des grands romans, sûrement. Et surtout, je trouve ce roman très actuel : alors certes, tous les pays ne sont pas continuellement bombardés, nous ne sommes pas forcés de crier quotidiennement notre haine contre le traite de la nation durant un certain laps de temps… Mais il n'en reste pas moins que nous tendons vers une surveillance généralisée. Le scandale de la NSA n'est pas si loin.
Je resterai évasive sur ce point, pour ne spoiler personne, mais la dernière partie du roman est un supplice. Nous vivons tout comme Winston, intensément. Puis, un propos de George Orwell m'a fait tiquer : pourquoi les masses, qui sont les grandes perdantes de l'histoire, vivant dans une précarité extrême, ne se révoltent-elles pas, sachant qu'elles ont l'avantage du nombre ? Tout simplement car n'ayant pas de moyens de comparaison, elles ne se rendent pas compte de leur soumission. Percutant.
Cette chronique peut peut-être rebuter, j'en ai conscience, mais au final, ce roman est réellement à lire ! Il ne fait que nous ouvrir les yeux sur un passé exécrable (ce récit étant une critique du régime Stalinien) et nous préviens de ce qui pourrait advenir si nous ne restons pas vigilants. Un simple conseil : mangez une bonne pâtisserie à côté, cela vous réconfortera.















J'aime ce livre, je l'aime énormément... Mais, si tu l'as plus rattaché à un aspect politique, je l'avais davantage lu en gardant en mémoire le côté psychologique de l'histoire et l'ambiance générale dystopie. Ça donne à cogiter, dans tous les cas ! :)
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