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Chronique #9 : Le Joueur d'Échecs, Stefan Zweig

ZWEIG, Stefan, Le Joueur d'Échecs, E-book, 128p. en livre de poche, environ 3€, (1943) 5/5 étoiles


En ce 1er mai grisâtre (pour les plus chanceux comme moi), ou pluvieux (pour les plus malheureux), je vous propose de vous réchauffer le coeur avec une superbe nouvelle écrite par Stefan Zweig… Le Joueur d'Échecs ! 

À bord d'un paquebot emmenant ses voyageurs vers l'Argentine, le narrateur, d'origine Autrichienne, est piqué de curiosité par la présence de Czentovic, aka LE champion du monde des échecs ! 
Surtout que… Czentovic est le genre d'homme imbu de lui-même : rien dans la tête, tout dans le porte-monnaie, pour caricaturer. Face à ça, les voyageurs du bateau n'ont qu'une seule envie : affronter le champion et le battre. Sauf que Czentovic n'est pas champion du monde pour rien… Les défaites s'enchaînent, jusqu'à ce qu'un homme mystérieux intervienne dans la partie et permette aux outsiders de faire match nul. Mais qui est donc cet homme ?

Je ne sais pas si j'ai réussi à vous donner envie de lire cette nouvelle avec mon résumé teinté de suspense (oui, oui), mais je peux vous assurer que cette nouvelle se lit d'une traite sans même s'en rendre compte ! 

Pourquoi est-ce que ça m'a plu ? Tout d'abord grâce au style, que j'ai trouvé magnifique. Zweig a une écriture envoûtante : les mots sont simples, mais tellement bien choisis, à tel point que l'on se sent happé par le récit et que l'on ne souhaite plus en sortir. Puis, et surtout, grâce à la mise en abîme du récit. Je n'en dévoile pas plus, mais vous découvrirez un récit dans le récit, que j'ai trouvé passionnant. 

Cette nouvelle est d'ailleurs le dernier écrit de Stefan Zweig. L'écrivain autrichien s'est suicidé en 1942, n'ayant plus d'espoir en l'humanité face aux crimes que commettaient les nazis à cette époque. 

Ce récit a parfaitement rempli son rôle, selon moi : il donne envie de découvrir l'univers de l'auteur et de se plonger dans des romans bien plus longs. Pour ma part, la biographie de Marie-Antoinette me fait de l'oeil ! 

Je termine par vous souhaiter une bonne journée de repos à tous. Profitez-en pour lire un peu ! 

Chronique #8 : Mémoire de mes putains tristes, Gabriel García Marquez


GARCÍA MARQUEZ, Gabriel, Mémoire de mes putains tristes, Le Livre de Poche, 158p., 5,10 € (2014/1993). 5/5 étoiles


Gabo, Gabo, Gabo… Comment dire à quel point j'aime cet auteur ? Je l'ai découvert l'été dernier, avec son grand chef d'oeuvre, le merveilleux Cent ans de solitude. Une claque. Son style percutant, qui mêle magie et délicatesse m'a conquise. Il était clair que j'allais renouveler l'essai, et j'ai décidé de jeter mon dévolu sur le très intéressant Mémoire de mes putains tristes… 

Dans ce récit, G.G.M. narre la prise de conscience du héros, un homme qui, à la veille de son quatre-vint-dixième anniversaire, souhaite faire l'amour à une jeune fille vierge. Ça a l'air très étonnant dit comme ça, mais en réalité, ce roman est très beau. Le vieil homme, par cet acte, délivre un message très intéressant sur la perception de la virginité, tant vénérée, sur les conditions de vie des prostituées, mais aussi et surtout sur la vieillesse. 

À quatre-vingt-dix ans, ce vieux journaliste ne semble plus avoir peur du temps qui passe et porte un regard émouvant sur sa vie passée. À l'aube de sa mort, il ne lui reste que peut de temps pour parvenir à vivre sans regrets. À vivre avec amour. 

Je pense que ce roman peut être une bonne introduction à l'univers du génie Colombien. On y retrouve ses thèmes fétiches : la vieillesse, l'amour, les bordels… C'est cru, certes, mais qu'est-ce-que c'est bien ! 



Chronique #4 : Northanger Abbey, Jane Austen


AUSTEN, Jane, Northanger Abbey, Éditions 10-18, Domaine étranger, 285p., 7,10€ (2000/1817), 4/5 étoiles

Ahlala, Jane Austen… Une auteur appréciée de tous, semblant faire l'unanimité… Et moi, je me met à découvrir son oeuvre au bout de 20 ans !

Pour débuter, j'ai décidé de jeter mon dévolu sur "Northanger Abbey", roman plus confidentiel - toutes proportions gardées, bien évidemment - et considéré comme féministe avant l'heure. Pourquoi donc ? Même si cela reste léger, on peut sentir au fil des pages un souffle de liberté, d'indépendance de l'héroïne par rapport aux carcans aliénants de l'époque.

L'héroïne justement, parlons-en. Catherine Morland est une jeune femme de 17 ans, originaire de Fullerton, un petit village d'Angleterre. Membre d'une fratrie de 10 frères et soeurs, Catherine ne sait tenir en place que quelques minutes d'affilée. Acculée dans sa bourgade, elle profite de la proposition des Allen, des amis de la famille, qui souhaitent l'emmener à Bath, une ville branchée et mondaine, lui permettant d'entrer dans la société et de nouer de nombreuses relations. À n'en pas douter, celle avec Henri Tinley sera celle qui la marquera à jamais…

Je ne suis pas adepte des romans sentimentaux, et pourtant, j'ai adoré "Northanger Abbey", que j'ai lu très rapidement tant je voulais connaître la suite. Ce roman est empli d'une douceur exquise, j'avais la sensation d'être dans un cocon douillet tandis que je lisais cette oeuvre. Les personnages, surtout l'héroïne, sont très approfondis, et on ne peut s'empêcher de nouer de nombreux sentiments à son égard. La romance est subtile, dans le sens où elle n'accapare pas toute la trame narrative : Jane Austen a pris le soin d'éviter ce qui est pour moi un écueil, tout en privilégiant les aventures annexes.

Si ce n'est pas déjà fait, je ne saurais que vous conseiller ce très beau livre - n'en déplaise à M. Tinley ! Quant à moi, je me presse de dévorer la bibliographie de cette auteur. Ah tiens, ça tombe bien, Raison et sentiments fait partie de mon challenge 2015 ! :D